Posts Tagged ‘conférence’

Quelle conférence Europe Afrique ?

Mardi, novembre 29th, 2016

Depuis la fin des années 80, les gouvernements africains ont lancé une nouvelle génération de programmes de décentralisation démocratique visant à établir de nouveaux cadres d’autogestion au niveau local. Ces réformes politiques et administratives ambitieuses recueillent un intérêt et un appui considérables de la part d’une gamme de bailleurs de fonds européens toujours plus variée. L’Union européenne, les agences de coopération bilatérale, les ONG et les collectivités territoriales s’intéressent dans leur ensemble à la manière dont la coopération au développement influe sur la décentralisation démocratique et la gestion des affaires publiques au niveau local. En outre, en raison de leur nature systémique, ces réformes seront amenées à modifier fondamentalement le cadre de la coopération au développement dans d’autres domaines. Les experts s’accordent à reconnaître que la décentralisation démocratique et l’autogestion au niveau local offrent de nouvelles possibilités dans la poursuite des objectifs de réduction de la pauvreté et de développement local. Toutefois, chacun est bien conscient que les avantages d’un tel processus ne bénéficieront pas automatiquement aux catégories les plus pauvres ou politiquement marginalisées. La façon dont l’appui à la décentralisation peut contribuer à optimiser les possibilités de réduction de la pauvreté, de développement économique local et d’égalité hommes-femmes constitue une question stratégique d’une importance croissante pour les bailleurs de fonds et leurs partenaires. Le débat en est encore à ses débuts, à l’heure actuelle. Une approche plus stratégique requerra probablement un certain investissement dans la capitalisation des expériences en collaboration avec les partenaires, ainsi que des efforts plus systématiques pour explorer et conceptualiser les liens existants, au sein des projets ou des programmes.

Conférence sur le Big Data

Mardi, novembre 29th, 2016

Le règlement publié le 4 mai 2016 et fruit de discussions engagées à Bruxelles depuis 2012, remplacera en mai 2018 notre loi «informatique et libertés» qui a créé il y a près de quarante ans en France un cadre particulièrement protecteur pour les individus. Ce Règlement général sur la protection des données (RGPD) ambitionne un double objectif : renforcer la compétitivité des entreprises tout en assurant un haut niveau de protection des personnes fichées. Or si le nouveau cadre juridique donne effectivement des marges de manœuvre aux professionnels, via des outils de corégulation et d’harmonisation au niveau européen, rien n’est certain quant au niveau de protection réel des internautes. C’est une petite révolution qui est actuellement à l’œuvre pour les professionnels. Avec le RGPD, les règles qui encadrent la création de fichiers nominatifs sont assouplies. Les entreprises n’auront plus de déclarations à adresser à la Cnil, elles définiront par elles-mêmes leur politique interne de protection des données – sous le contrôle interne d’un délégué à la protection des données – et elles bénéficieront, pour leurs fichiers transeuropéens, d’un dispositif de «guichet unique» leur permettant de choisir en Europe le pays et le régulateur national qui sera leur interlocuteur direct. Ces évolutions sont bienvenues pour renforcer la compétitivité de nos start-up européennes et les enjeux associés en termes d’emploi. En effet, elles sont confrontées à la concurrence régulièrement peu loyale d’opérateurs Internet installés en dehors de l’UE (Etats-Unis, Asie) qui bénéficient d’une relative impunité sur la gestion de nos données personnelles, compte tenu de la difficulté à les contrôler lorsque les sièges sociaux ou les serveurs informatiques sont installés à l’autre bout du monde. Concernant par ailleurs les individus, la Commission européenne n’a eu de cesse d’insister sur le renforcement des droits, prévus par le nouveau texte, des individus en général et des internautes en particulier. Un point majeur sur lequel de nombreuses incertitudes continuent néanmoins de peser. Tout d’abord, le RGPD ne modifie en réalité qu’à la marge les droits dont les internautes bénéficient déjà. Le «consentement préalable», lequel a été présenté comme la condition sine qua non à tout fichage, est en réalité assorti de tant d’exceptions qu’il n’aura qu’une effectivité très limitée, comme c’est d’ailleurs le cas actuellement. Le «droit à la portabilité» et le «droit à l’oubli» qui permettront à l’internaute d’obtenir la copie sous format standard de ses données personnelles ou de demander leur effacement ne sont en réalité que des modifications cosmétiques de règles qui existent déjà dans notre droit (le droit d’accès et le droit d’opposition). De plus, si le texte vise juridiquement à contraindre les opérateurs établis hors UE à respecter le nouveau cadre, il ne suffira pas à lui seul à assurer l’effectivité des droits des internautes, sauf à adopter des accords internationaux qui pour l’heure n’existent pas. Ensuite, le RGPD n’apporte pas de réponse concrète aux véritables enjeux de la protection des données sur Internet. Ainsi (en raison peut-être d’un intense lobbying), pas une disposition ne vise spécifiquement les moteurs de recherche ni ne crée à leur égard d’obligation particulière. Le «droit au déréférencement», lequel a été consacré en 2014 par la Cour de justice de l’Union européenne face au silence de la Cnil et de ses homologues européens, n’est même pas formellement visé dans le texte. Les moteurs de recherche, lesquels sont tous établis en dehors de l’UE, sont pourtant devenus le nœud incontournable de l’accès à l’information sur Internet, ainsi qu’une formidable machine à générer du cash en exploitant au maximum nos données personnelles. De même, la question de l’identité numérique n’est pas véritablement abordée dans le texte, alors que la question de l’identification en ligne est aujourd’hui devenue essentielle pour garantir aux internautes le plein exercice de leurs droits. Et les régulateurs nationaux ? Restent enfin toutes les questions sur la stratégie qui sera définie par les régulateurs nationaux pour s’assurer du respect, par les professionnels, du nouveau cadre juridique. La Cnil pourra désormais prononcer des sanctions financières à hauteur de 20 millions d’euros ou 4% du chiffre d’affaires global d’une entreprise. En réalité, elle dispose déjà de pouvoirs de sanctions pécuniaires qu’elle n’a utilisés en 2015, selon son rapport annuel, qu’à trois reprises… Seule la mise en œuvre d’une politique ambitieuse de contrôle et de sanction pourra garantir l’effectivité des droits garantis aux internautes, et le chemin semble encore long… De même, le règlement européen met en œuvre des mécanismes dits de «contrôle de cohérence» – pour ne pas dire des «usines à gaz» – qui obligeront désormais la Cnil à obtenir, avant d’agir, l’assentiment d’autres régulateurs nationaux ou d’instances européennes, pour tous les traitements mis en œuvre au niveau transeuropéen par les entreprises. Ces mécanismes pourraient bien constituer, si elle n’y prend pas garde, un sérieux caillou dans les souliers de la Haute Autorité.

Conférence de Madrid sur la Redistribution

Vendredi, mars 11th, 2016

J’ai toujours été frappé que notre pays ait pu mettre en place un tel imbroglio de taxes et de subventions, d’une telle complexité que même une chatte n’y retrouverait pas ses petits. Mais il y a quelques jours, une personne m’a aidé à y voir plus clair. C’était lors d’un séminaire à Madrid. Un intervenant a présenté le modèle que suivent à leur insu tous les pays en matière de répartition de richesse. Son intervention était particulièrement édifiante. Il a commencé par démontrer que dans les sociétés très pauvres, l’inégalité était assez faible. Ce qui est logique, puisque tout le monde se trouve dans la même situation précaire : les différences de revenus sont donc relativement restreintes. A contrario, dès que la société s’enrichit, l’inégalité commence à grandir. C’est que dans le cas d’une phase de croissance massive, tout le monde ne progresse pas aussi rapidement. Au cours de cette phase cruciale, la clé du succès est l’accès à des moyens financiers. Comme au départ, ces facteurs divergent selon les individus, la richesse au sein de la société sera elle aussi attribuée de manière très inégale. Pour faire simple, l’ensemble de la prospérité se développera extrêmement vite mais tout le monde n’en profitera pas au même titre. Le Mexique est dans une situation de ce type depuis plusieurs années. Cependant, à partir d’un certain niveau de revenus, on observe un important changement dans la redistribution. Le citoyen utilise alors son vote pour faire comprendre l’importance qu’il attache à la redistribution, ce qui conduit à terme à en faire une priorité pour le gouvernement. C’est dans cette situation que se trouvent aujourd’hui les pays occidentaux dans leur ensemble : l’inégalité y est très faible (au regard d’autres pays en voie de développement). Ce séminaire en Espagne (suivez le lien pour le contact de l’organisateur) m’a captivé, car il m’a permis de mieux cerner le comment et le pourquoi de la situation actuelle de la France. Notre pays est dans le palmarès des pays où l’inégalité a reflué le plus au cours de ces dernières années. Malheureusement, on ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beure : cette attention croissante mise sur la redistribution s’est faite au détriment de l’attention donnée à la prospérité en général, et nous en payons aujourd’hui le prix fort.

Conférence de l’Otan sur les frappes en Syrie

Vendredi, mars 11th, 2016

Le fait que Washington refuse de partager avec la Russie les coordonnées de l’EI en Syrie n’altèrera pas l’efficacité de l’opération russe, selon Moscou. Le refus des USA d’échanger des données de renseignement avec Moscou concernant la Syrie n’aura aucun impact sur l’efficacité de l’opération menée par la Russie contre les terroristes de l’Etat islamique, a fait savoir jeudi le vice-ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Riabkov. « Cela n’aura aucun impact sur l’efficacité de l’opération et les forces militaro-spatiales russes. Nous recevons des informations de nombreuses sources. Il s’agit évidemment de nos propres moyens d’observation et de reconnaissance. Le groupe des forces militaro-spatiales déployé en Syrie possède les ressources appropriées. Nous recevons ces informations de différentes sources dans d’autres pays, nous les coordonnons avec nos collègues dans le cadre du centre d’information à Bagdad », a indiqué le diplomate russe. « Je me risque à dire que de la sorte, les Etats-Unis et les pays faisant partie de leur coalition se placent politiquement dans une position assez gênante, et l’on en vient à se demander de quel côté ils combattent dans cette guerre », a souligné M. Riabkov. Le président russe Vladimir Poutine avait auparavant demandé à la coalition menée par les Etats-Unis de fournir les coordonnées des terroristes de l’Etat islamique en Syrie. L’Otan, pour sa part, a déclaré qu’elle ne partagerait pas ses données de renseignement avec Moscou tant que la Russie soutiendrait le régime du président Bachar al-Assad.

Les opportunités du libre marché

Lundi, novembre 23rd, 2015

Le libre marché est la bête noire des énarques, et les intellectuels qui sont nés avec une cuiller en argent dans la bouche sont légion quand il s’agit de le décrier. A les en croire, en effet, le libre marché ruinerait les prolétaires. D’où leur hostilité instinctive pour le libre marché, tant il leur importe de protéger les gueux… Selon eux, donc, les pays en en voie de développement seraient anéantis par la tyrannie du libre marché et l’existence des plus humbles en serait encore plus difficile au quotidien. Cette idée est pour moi et depuis longtemps un contresens. Et au cours d’un meeting à Rome la semaine dernière, un participant s’est employé à disséquer point par point cette perception. Sa démonstration rejoignait parfaitement mon point de vue. Parce que dans les faits, le raisonnement tenu à l’encontre du libre marché va en fait à l’encontre de la réalité. Les habitants des pays pauvres sont en effet principalement victimes du manque de libre marché. Il suffit pour s’en convaincre de voir que les plus démunis vivent là où la possibilité de vivre comme ils l’entendent est la plus faible : ils ne sont pas libres de se déplacer librement, ni d’acheter et de vendre comme ils le souhaitent. Limiter le libre marché revient à limiter la liberté. C’est ce qui explique l’absence de libre marché dans des dictatures telles que l’ex-Allemagne de l’Est, par exemple. Un constat somme toute logique : un régime qui se défie de son peuple au point de lui refuser la possibilité d’exprimer son opinion dans les urnes ne reconnaîtra certainement pas à ce peuple le droit de réaliser ses choix sur le libre marché ! Lors de ce meeting Rome, l’intervenant est même allé plus loin dans son argumentation, en établissant que le libre marché est dans la réalité nettement propice aux populations pauvres. Grâce au libre marché, en effet, la majorité des populations défavorisées dans le monde ont pu consacrer un budget moins élevé à l’alimentation qu’il y a 20 ans. Parce que pour les pays en voie de développement ayant opté pour le libre marché (et qui ont par conséquent ouvert leurs frontières pour importer des produits), la population profite non seulement d’un plus grand choix en matière de produits, mais également à des prix bien plus accessibles ! Si le thème vous intéresse, vous retrouverez toutes les présentations des conférenciers sur le site de l’organisateur de ce séminaire en Italie.