L’innovation aux deux visages

Lors d’un séminaire à Lisbonne le mois dernier consacré aux nouvelles technologies, un intervenant a montré à quel point ces dernières sont fréquemment décriées. C’est qu’elles encouragent le plus souvent des changements sociaux. Par exemple, le télégraphe a perdu de son importance suite à l’invention du téléphone; Les matières synthétiques ont supplanté le bois et le métal.
Un participant en particulier a parfaitement illustré cette caractéristique du progrès. Il a utilisé pour ce faire un objet tout simple : le smartphone. Un objet tout-en-un qui conjugue un téléphone, une discothèque, un appareil photo et un ordinateur portable. Cet appareil est un concentré, propose égalementde meilleures performances, réclame moins d’assemblage et réclame moins de matériaux.. Son entréesur le marché a été un désastre pour nombre d’entreprises : producteurs de disques vinyles et de CD et revendeurs, fabricants d’appareils photos, de téléphones fixes… Le smartphone a été un désastre sans comparaison pour ces domaines respectifs. Mais en se substituant à tous ces appareils, il a amélioré notre confort de vie. C’est là tout « le paradoxe de l’innovation. Les nouvelles technologies suscitent une hausse du niveau de vie pour chacun mais mettent également les industries existantes à des ennuis. Elles peuvent susciter des pertes ou déterminent même leur anéantissement. L’élévation de la richesse globale n’est tangible qu’à terme ; mais sur le moment cependant, ce sont essentiellement les impacts catastrophiques qui prédominent : des employés actifs au sein de ces industries périmées se voient privés d’emploi à cause de l’innovation. Le laitier perd son emploi suite à l’avènement du réfrigérateur; les libraires qui sont dépassées par l’ebook. Ryanair agite les acteurs majeurs avec un autre modèle.. Tous ceux qui perdent la révolution technique portent essentiellement ces innovations. C’est ce qui explique que le progrès, en dépit de son indubitable utilité, est au départ couramment regardé comme un recul.
Il faut néanmoins garder à l’esprit son impact positif : l’avènement de la nouvelle technologie amène effectivement à ce que un certain nombre d’emplois soient stérile et prive des travailleurs de leur travail. Mais à l’inverse, la nouvelle technologie amène de nouveaux emplois.
Voilà à quoi conduisait ce séminaire à Montréal : la destruction est en cheville avec la nouveauté : l’une ne peut venir sans l’autre. Il est en ce sens vain de soutenir les secteurs en crise , car celles-ci sont promises à la destruction. Et les subventionsexorbitantes englouties dans ces grands corps malades ne font que rallonger leur agonie, alors qu’il auraient pu soutenir les secteurs promis à un avenir. Mal réparties, les subventions du gouvernement paralysent ce mécanisme naturel de destruction/création.

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