Lille Art Fair – c’est parti

Hier, dès 8 h, les camions ont commencé à décharger les sculptures et les toiles emmitouflées dans du papier à bulles. Dans le grand hall de 8 000 m² de Lille Grand Palais, les diables roulent pour que le public s’exclame « Dieu que c’est beau ! » les tableaux sont accrochés au mur (« un peu plus à gauche »), comme la récompense finale d’un déménagement éprouvant. On installe Lille Art Fair (LAF), l’une des rares foires professionnelles d’art contemporain de France. Depuis cinq ans, elle attire. Le public, de plus en plus nombreux (+ 20 % en 2011), les acheteurs (+ 50 %) et les exposants, toujours plus présents (80 en 2011). Cette année, treize galeries lilloises ont loué un stand (entre 3 000 et 6 000 E) pour promouvoir leurs artistes et faire parler d’elles. Personne ne se souvient qu’il y a quelques années, au lancement de LAF, quelques propriétaires de galeries lilloises voyaient d’un mauvais oeil l’arrivée de l’événement, « qui était perçu, à l’époque, comme une concurrence », se souvient un expert.

Aujourd’hui, c’est tout le contraire. Lille Art Fair appâte la galerie. Rien de péjoratif : reproche-t-on à un commerçant d’exposer sa marchandise le jour de la braderie, avec ses 2 millions de visiteurs ? Car l’enjeu est là. Marc Petit, sculpteur limougeaud invité par la galerie Naclil, rue Thiers, le résume en une phrase : « Quinze mille personnes, cela représente la fréquentation d’une galerie sur trois, cinq ou dix ans ! » Vincent Van Bockstaël, de Melting Art, rue de la Halle, parle en euphémismes : « C’est difficile de ne pas être là… C’est un moyen d’enrichir son fichier et de faire connaître la galerie, même si on ne vend pas et de suivre un cours de cuisine à Lille. » Désormais, ne pas venir à Lille Art Fair, c’est comme suspendre un Basquiat à l’envers : une hérésie.

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