Gestion des eaux usées municipales dans l’EOCAC

Dans les pays de l’EOCAC, une proportion relativement élevée de la population est desservie à l’aide de systèmes centralisés de collecte des eaux usées urbaines. La couverture des zones rurales est bien moindre, malgré les réels progrès accomplis par certains pays de la région au cours des années 1980. Le Moldova, par exemple, a construit 650 stations de traitement des eaux usées dans des localités rurales au cours de la période en question. Dans les années 1990, de nombreux systèmes d’assainissement de la région se sont dégradés en raison de la décentralisation de l’infrastructure sociale vers des collectivités locales aux capacités financières restreintes. Ainsi, en Arménie, le budget global de l’ensemble des collectivités s’élevait à seulement 2 % du budget national, tandis qu’un village moldave disposait d’un budget de l’ordre de 10 000 euros pour financer l’ensemble des services d’infrastructure, qu’il s’agisse des écoles, et des routes, ou de l’approvisionnement en eau et de l’assainissement. Au cours de cette même période, les services d’approvisionnement en eau et d’assainissement ont également pâti d’un manque d’efficacité (des systèmes démesurés aux coûts unitaires élevés), de politiques tarifaires et de réglementations économiques inadaptées, et d’un manque de modèles d’activité appropriés en matière d’exploitation, d’entretien et de financement des systèmes d’approvisionnement en eau et d’assainissement, tout particulièrement dans les petites villes et les zones rurales. Ces difficultés rencontrées par les opérateurs du secteur de l’approvisionnement en eau et de l’assainissement se sont accompagnées d’une très forte baisse du revenu des ménages et de l’accentuation des écarts de revenu, ce qui a entraîné des problèmes d’accessibilité pour de nombreux foyers. Cela a particulièrement été le cas dans les petits villages isolés (d’une population inférieure à 500 personnes) où le revenu des ménages a baissé alors que les coûts unitaires des services d’approvisionnement en eau et d’assainissement y étaient 2 à 3 fois plus élevés que dans les endroits plus peuplés. Cependant, la situation s’est nettement améliorée depuis 2000 dans la plupart des pays de l’EOCAC, tout du moins dans les zones urbaines, en général avec l’aide de partenaires de développement. Aujourd’hui, ces pays accordent davantage d’importance à l’amélioration de l’assainissement en zone rurale. Les progrès qui y ont été réalisés sont liés à la révision des normes techniques dépassées qui a permis d’adapter la capacité des nouveaux systèmes d’approvisionnement en eau et d’assainissement aux besoins réels et prévus en matière de services, et à la mise en place de modèles économiques à l’attention des opérateurs du secteur, notamment en ce qui concerne la « régionalisation » des services municipaux de l’eau, des associations locales et des opérateurs privés.

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