Dépoussiérer le management

Quand on cause innovation, on pense d’emblée au développement technologique. Ce n’est pas un hasard si le classements des entreprises innovantes s’appuie sur le nombre de brevets déposés (et, dans ce domaine, la France est le 3ème pays le plus innovant du monde. Cependant, il est beaucoup plus rare qu’on aborde la question de l’innovation managériale. La semaine dernière, j’ai eu l’occasion de suivre un symposium à Cannes consacré au management, et un conférencier nous a montré comment des entreprises avaient opté pour un management inattendu. Certains d’entre elles m’ont véritablement fasciné. Si vous vous intéressez vous aussi aux ressources humaines, je crois que ces cas d’école vous passionneront. En Californie, l’éditeur de logiciel Intuit a instauré ce qu’elle nomme la « fête de la défaite » au sein de laquelle sont rappelés les aléas pour faire le deuil et analyser ses défaillances. Après tout, l’erreur est humaine, alors pourquoi la nier ? Mieux vaut accepter les échecs et en tirer parti que de les renier abîmer le lien de confiance. Chez WL Gore, aux Etats-Unis (8000 salariés), les nouveaux embauchés bénéficient de plusieurs semaines pour découvrir tous les projets et choisir les équipes dans lesquelles ils voudraient travailler en fonction du plaisir qu’elles ressentent à participer au projet. Les équipes adoptées peuvent accepter ou rejeter la candidature. Cette méthode pointe explicitement deux éléments du plaisir au travail, soit l’importance du travail mais surtout l’appartenance à un groupe où l’on se sent à sa place. En France, chez Orange, les salariés peuvent expliquer en toute liberté leurs idées via un système d’innovation sociale intitulé IdClic. L’outil permet à n’importe quel salarié, quel que soit son statut, son ancienneté ou son métier, de déposer une idée sur une plateforme d’engagement. L’idée est ensuite étudiée par des experts volontaires (environ 5000). Si ces derniers y voient un potentiel, elle fait l’objet d’une étude de faisabilité avec une idée nette des gains. Une fois qu’elle est mise en oeuvre, elle peut être ensuite généralisée sur le plan national. Le détenteur de l’idée se voit accorder des points virtuels qu’il peut utiliser dans une boutique dédiée. Depuis 2007, un tiers des salariés ont déposé plus de 122000 idées. 10 % ont au final été mises en oeuvre produisant ainsi d’énormes économies. Ce symposium m’a permis de comprendre que de petites révolutions attendent le management.

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