Quelle conférence Europe Afrique ?

novembre 29th, 2016

Depuis la fin des années 80, les gouvernements africains ont lancé une nouvelle génération de programmes de décentralisation démocratique visant à établir de nouveaux cadres d’autogestion au niveau local. Ces réformes politiques et administratives ambitieuses recueillent un intérêt et un appui considérables de la part d’une gamme de bailleurs de fonds européens toujours plus variée. L’Union européenne, les agences de coopération bilatérale, les ONG et les collectivités territoriales s’intéressent dans leur ensemble à la manière dont la coopération au développement influe sur la décentralisation démocratique et la gestion des affaires publiques au niveau local. En outre, en raison de leur nature systémique, ces réformes seront amenées à modifier fondamentalement le cadre de la coopération au développement dans d’autres domaines. Les experts s’accordent à reconnaître que la décentralisation démocratique et l’autogestion au niveau local offrent de nouvelles possibilités dans la poursuite des objectifs de réduction de la pauvreté et de développement local. Toutefois, chacun est bien conscient que les avantages d’un tel processus ne bénéficieront pas automatiquement aux catégories les plus pauvres ou politiquement marginalisées. La façon dont l’appui à la décentralisation peut contribuer à optimiser les possibilités de réduction de la pauvreté, de développement économique local et d’égalité hommes-femmes constitue une question stratégique d’une importance croissante pour les bailleurs de fonds et leurs partenaires. Le débat en est encore à ses débuts, à l’heure actuelle. Une approche plus stratégique requerra probablement un certain investissement dans la capitalisation des expériences en collaboration avec les partenaires, ainsi que des efforts plus systématiques pour explorer et conceptualiser les liens existants, au sein des projets ou des programmes.

Conférence sur le Big Data

novembre 29th, 2016

Le règlement publié le 4 mai 2016 et fruit de discussions engagées à Bruxelles depuis 2012, remplacera en mai 2018 notre loi «informatique et libertés» qui a créé il y a près de quarante ans en France un cadre particulièrement protecteur pour les individus. Ce Règlement général sur la protection des données (RGPD) ambitionne un double objectif : renforcer la compétitivité des entreprises tout en assurant un haut niveau de protection des personnes fichées. Or si le nouveau cadre juridique donne effectivement des marges de manœuvre aux professionnels, via des outils de corégulation et d’harmonisation au niveau européen, rien n’est certain quant au niveau de protection réel des internautes. C’est une petite révolution qui est actuellement à l’œuvre pour les professionnels. Avec le RGPD, les règles qui encadrent la création de fichiers nominatifs sont assouplies. Les entreprises n’auront plus de déclarations à adresser à la Cnil, elles définiront par elles-mêmes leur politique interne de protection des données – sous le contrôle interne d’un délégué à la protection des données – et elles bénéficieront, pour leurs fichiers transeuropéens, d’un dispositif de «guichet unique» leur permettant de choisir en Europe le pays et le régulateur national qui sera leur interlocuteur direct. Ces évolutions sont bienvenues pour renforcer la compétitivité de nos start-up européennes et les enjeux associés en termes d’emploi. En effet, elles sont confrontées à la concurrence régulièrement peu loyale d’opérateurs Internet installés en dehors de l’UE (Etats-Unis, Asie) qui bénéficient d’une relative impunité sur la gestion de nos données personnelles, compte tenu de la difficulté à les contrôler lorsque les sièges sociaux ou les serveurs informatiques sont installés à l’autre bout du monde. Concernant par ailleurs les individus, la Commission européenne n’a eu de cesse d’insister sur le renforcement des droits, prévus par le nouveau texte, des individus en général et des internautes en particulier. Un point majeur sur lequel de nombreuses incertitudes continuent néanmoins de peser. Tout d’abord, le RGPD ne modifie en réalité qu’à la marge les droits dont les internautes bénéficient déjà. Le «consentement préalable», lequel a été présenté comme la condition sine qua non à tout fichage, est en réalité assorti de tant d’exceptions qu’il n’aura qu’une effectivité très limitée, comme c’est d’ailleurs le cas actuellement. Le «droit à la portabilité» et le «droit à l’oubli» qui permettront à l’internaute d’obtenir la copie sous format standard de ses données personnelles ou de demander leur effacement ne sont en réalité que des modifications cosmétiques de règles qui existent déjà dans notre droit (le droit d’accès et le droit d’opposition). De plus, si le texte vise juridiquement à contraindre les opérateurs établis hors UE à respecter le nouveau cadre, il ne suffira pas à lui seul à assurer l’effectivité des droits des internautes, sauf à adopter des accords internationaux qui pour l’heure n’existent pas. Ensuite, le RGPD n’apporte pas de réponse concrète aux véritables enjeux de la protection des données sur Internet. Ainsi (en raison peut-être d’un intense lobbying), pas une disposition ne vise spécifiquement les moteurs de recherche ni ne crée à leur égard d’obligation particulière. Le «droit au déréférencement», lequel a été consacré en 2014 par la Cour de justice de l’Union européenne face au silence de la Cnil et de ses homologues européens, n’est même pas formellement visé dans le texte. Les moteurs de recherche, lesquels sont tous établis en dehors de l’UE, sont pourtant devenus le nœud incontournable de l’accès à l’information sur Internet, ainsi qu’une formidable machine à générer du cash en exploitant au maximum nos données personnelles. De même, la question de l’identité numérique n’est pas véritablement abordée dans le texte, alors que la question de l’identification en ligne est aujourd’hui devenue essentielle pour garantir aux internautes le plein exercice de leurs droits. Et les régulateurs nationaux ? Restent enfin toutes les questions sur la stratégie qui sera définie par les régulateurs nationaux pour s’assurer du respect, par les professionnels, du nouveau cadre juridique. La Cnil pourra désormais prononcer des sanctions financières à hauteur de 20 millions d’euros ou 4% du chiffre d’affaires global d’une entreprise. En réalité, elle dispose déjà de pouvoirs de sanctions pécuniaires qu’elle n’a utilisés en 2015, selon son rapport annuel, qu’à trois reprises… Seule la mise en œuvre d’une politique ambitieuse de contrôle et de sanction pourra garantir l’effectivité des droits garantis aux internautes, et le chemin semble encore long… De même, le règlement européen met en œuvre des mécanismes dits de «contrôle de cohérence» – pour ne pas dire des «usines à gaz» – qui obligeront désormais la Cnil à obtenir, avant d’agir, l’assentiment d’autres régulateurs nationaux ou d’instances européennes, pour tous les traitements mis en œuvre au niveau transeuropéen par les entreprises. Ces mécanismes pourraient bien constituer, si elle n’y prend pas garde, un sérieux caillou dans les souliers de la Haute Autorité.

Le Maroc développe son attractivité d’animation

septembre 29th, 2016

Qu’est-ce que l’animation ? L’animation consiste à donner l’illusion d’un mouvement à l’aide d’une suite d’images. Ces images peuvent être dessinées, peintes, découpées, photographiées, numériques, etc. Les courts métrages sont, tout d’abord, des oeuvres cinématographiques destinées à être projetées dans une salle de cinéma. Nous allons les faire entrer dans le contexte de l’apprentissage de la langue tout en cherchant le plus possible à mettre en valeur et à faire découvrir aux élèves les caractéristiques constitutives et artistiques de chaque film. Le public cible est a priori constitué d’élèves en milieu scolaire. En conséquence, les activités proposées tiennent compte du niveau linguistique en français et de l’âge de ce public. Les quatre domaines de compétence sont exercés, compréhensions et productions orales et écrites. Les exercices et les tâches proposées intègrent le plus possible une démarche de compréhension de l’univers cinématographique. Un dossier pédagogique est consacré à chaque film. Chaque dossier comprend trois parties : – la fiche technique du film, le cas échéant la transcription des dialogues ; – une approche cinématographique du film réalisée par l’Agence du Court métrage avec la transcription des dialogues, une analyse filmique et des suggestions d’activités centrées sur l’observation des films ; – des parcours pédagogiques élaborés par le CAVILAM avec des fiches professeurs et des feuilles de travail directement photocopiables et utilisables en classe pour les niveaux A2 et B1. Les fiches au format .doc sont modifiables et permettent ainsi l’ajout des consignes dans la langue maternelle de l’élève afin de faciliter la compréhension. (NB : Nous proposons souvent plusieurs parcours conçus pour une unité de cours de 45 à 50 min.) Il nous semble également possible et pertinent de visionner les films et de discuter en langue maternelle avec les élèves de leurs réactions et de leur compréhension. La priorité est de créer l’envie de rencontrer des films (français et en français) et de placer les élèves en situation de spectateurs conscients. Source: voyage incentive Maroc.

Séminaire d’été sur l’Ubérisation

juillet 18th, 2016

Le business de la politique n’échappera pas à l’“uberisation”. Comme les chauffeurs de taxi, les politiques de métier vont payer cher le fait de n’avoir pas voulu évoluer ni se remettre en question pour garder leurs “jobs”. Les citoyens en ont assez des chasses gardées et des prés carrés, ils veulent une nouvelle offre qui corresponde à leurs attentes. Ils recherchent l’efficacité. La concurrence, c’est-à-dire l’opposition, n’a pas été à la hauteur et tous en paient aujourd’hui le prix. La classe politique traditionnelle, de gauche comme de droite, est en faillite et les électeurs se sont jetés sur une nouvelle offre que personne n’a encore expérimentée, peu importe le contenu : “au moins c’est nouveau”. Les monopoles, qu’ils soient idéologiques, politiques ou commerciaux, sont devenus insupportables. C’est la volonté inextinguible d’une nouvelle forme d’abolition des privilèges qui se propage et le rejet de tout ce qui s’apparente au “système”. L’électeur vote “contre” faute de pouvoir voter “pour”, on élimine au lieu d’élire… et forcément on perd confiance. Il ne reste que l’abstention, ou des extrêmes encore en piste qui aboient, menacent et proposent une braderie du grand n’importe quoi, économique en particulier. Cette uberisation politique est peut-être finalement la seule voie vers un changement salutaire. Puisque les partis sont des forteresses destinées à sauvegarder leurs acquis, les électeurs vont passer outre pour des candidats libres. N’est-il pas significatif que l’homme politique le plus populaire de France soit Emmanuel Macron, ni élu ni professionnel de la politique et qui n’aurait donc à satisfaire que l’intérêt général ?

Conférence politique en Allemagne

juillet 18th, 2016

Avec un chômage au plus bas, Angela Merkel aurait dû fêter — le 22 novembre — ses dix ans au pouvoir dans l’allégresse. Las, celle que les Allemands surnomment “Mutti”, “Maman”, n’est plus leur personnalité préférée. Elle a dégringolé de 30 points dans les sondages et se classe à la quatrième place. C’est Wolfgang Schäuble qui est désormais numéro un, l’influent ministre des Finances qui a osé comparer l’accueil illimité des Syriens à une avalanche commise par un skieur imprudent. L’attaque est claire. La grogne s’installe dans le pays. La cote de la famille conservatrice CDU-CSU est en forte baisse tandis que le parti de droite populiste (AfD) recueille 10 % d’opinions positives, soit un bond de 6 points en quelques mois — il demande la démission de la chancelière. Celle qui passait pour la femme la plus puissante d’Europe est sur la défensive. Le congrès de la CDU a lieu dans quelques jours à Karlsruhe. Elle va devoir affronter une rébellion sans précédent. Les deux poids lourds, Wolfgang Schäuble et Thomas de Maizière, le ministre de l’Intérieur, vont y mener la danse. Y a-t-il risque de putsch ? Il faudrait que le parti propose un nom pour remplacer Angela Merkel. Mais le pays est dirigé par une coalition avec le SPD qui la soutient et n’accepterait jamais Schäuble comme chancelier. La CSU bavaroise l’accuse d’avoir perdu le sens des réalités. Le droit d’asile n’a pas de limites, disait-elle en septembre. Elle a ouvert les vannes sans consulter personne. On estime à un million le nombre de réfugiés qui seront arrivés en Allemagne en 2015. On ne connaît pas le chiffre des demandeurs d’asile. L’administration chargée de les enregistrer est débordée. À Berlin, l’armée a dû intervenir pour installer des camps de fortune dans un ancien aéroport. Les conditions de vie des migrants deviennent difficiles, ils se battent entre eux. Les bénévoles, si enthousiastes en septembre, sont exténués. Deux cent cinquante maires ont écrit à Merkel pour lui dire qu’ils ne peuvent pas remplir leur mission. Les Länder ont atteint leurs capacités limites d’accueil. Il manquerait 370 000 places d’hébergement et le flot d’arrivants ne tarit pas. L’inquiétude monte. « Wir schaffen das » (“Nous y arriverons”), répète la chancelière. Les Allemands doutent. Alors, elle commence à faire machine arrière (plus de contrôles aux frontières, expulsions accélérées des demandeurs déboutés, renvoi des Syriens dans le pays d’entrée de l’Union s’il ne s’agit pas de la Grèce). Elle est allée demander de l’aide en Turquie. En échange de l’hébergement des Syriens, Erdogan a demandé 3 milliards d’euros. Qui va payer ? Ça n’est pas encore très clair. Les Européens ne veulent pas supporter le choc d’une décision unilatérale. Angela est en train de jouer sa réélection en 2017. Un pari risqué.

Conférence de Madrid sur la Redistribution

mars 11th, 2016

J’ai toujours été frappé que notre pays ait pu mettre en place un tel imbroglio de taxes et de subventions, d’une telle complexité que même une chatte n’y retrouverait pas ses petits. Mais il y a quelques jours, une personne m’a aidé à y voir plus clair. C’était lors d’un séminaire à Madrid. Un intervenant a présenté le modèle que suivent à leur insu tous les pays en matière de répartition de richesse. Son intervention était particulièrement édifiante. Il a commencé par démontrer que dans les sociétés très pauvres, l’inégalité était assez faible. Ce qui est logique, puisque tout le monde se trouve dans la même situation précaire : les différences de revenus sont donc relativement restreintes. A contrario, dès que la société s’enrichit, l’inégalité commence à grandir. C’est que dans le cas d’une phase de croissance massive, tout le monde ne progresse pas aussi rapidement. Au cours de cette phase cruciale, la clé du succès est l’accès à des moyens financiers. Comme au départ, ces facteurs divergent selon les individus, la richesse au sein de la société sera elle aussi attribuée de manière très inégale. Pour faire simple, l’ensemble de la prospérité se développera extrêmement vite mais tout le monde n’en profitera pas au même titre. Le Mexique est dans une situation de ce type depuis plusieurs années. Cependant, à partir d’un certain niveau de revenus, on observe un important changement dans la redistribution. Le citoyen utilise alors son vote pour faire comprendre l’importance qu’il attache à la redistribution, ce qui conduit à terme à en faire une priorité pour le gouvernement. C’est dans cette situation que se trouvent aujourd’hui les pays occidentaux dans leur ensemble : l’inégalité y est très faible (au regard d’autres pays en voie de développement). Ce séminaire en Espagne (suivez le lien pour le contact de l’organisateur) m’a captivé, car il m’a permis de mieux cerner le comment et le pourquoi de la situation actuelle de la France. Notre pays est dans le palmarès des pays où l’inégalité a reflué le plus au cours de ces dernières années. Malheureusement, on ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beure : cette attention croissante mise sur la redistribution s’est faite au détriment de l’attention donnée à la prospérité en général, et nous en payons aujourd’hui le prix fort.

Séminaire d’Alger sur la politique Méditerranéenne

mars 11th, 2016

Béligh Nabli est directeur de recherche à l’Institut de Relations Internationales et Stratégiques (IRIS), au sein duquel il a fondé l’« Observatoire des mutations politiques dans le monde arabe ». Il enseigne également les relations internationales à l’Institut d’études politiques de Paris. Il répond à mes questions à l’occasion de son dernier ouvrage « Géopolitique de la Méditerranée », paru aux éditions Armand Colin. La Méditerranée a-t-elle une identité mosaïque ? Posée à l’espace méditerranéen, la question identitaire convoque des représentations contradictoires : l’une invoque le rapprochement, le métissage, le brassage des différences ; l’autre, la séparation et la fragmentation de blocs antagonistes. Cette dernière vision l’emporte aujourd’hui, entretenue par la force et le succès du discours sur le « choc des civilisations » dont la Méditerranée serait le théâtre. Cela étant, l’histoire et la géographie ont favorisé le mélange des populations, l’échange des idées et des croyances ainsi que la diffusion des modes de vie des sociétés établies sur le pourtour méditerranéen. Croisements, métissages et phénomène d’hybridation des cultures sont à l’origine d’une « identité commune mosaïque ». Vous évoquez une profonde graduation entre des modèles extrêmes ? Historiquement, les peuples du monde méditerranéen ont expérimenté divers modèles d’organisations sociales et politiques. Si l’État offre aujourd’hui un cadre commun à ces sociétés qui n’ont pas rompu avec certaines structures traditionnelles infra et/ou transnationales (tribus, clans familiaux, etc.), la question du pouvoir politique n’est pas traitée de manière unique ni même homogène. Le principe démocratique est né dans la Grèce antique, mais ne s’est pas diffusé à l’ensemble du bassin méditerranéen. L’exercice du pouvoir en Méditerranée reflète le vaste champ des possibles offerts par les sciences politique et constitutionnelle. Partant, et sans prétendre établir de typologie, il est possible de distinguer des situations politiques qui recoupent plus ou moins les aires géopolitiques de la Méditerranée : les pays de la rive européenne constitutifs de l’« arc latin » (Italie, France, Espagne et Portugal) se caractérisent par un ordre politique et juridique qui tente d’allier démocratie et État de droit. L’application de ce modèle politique libéral nourrit un sentiment de supériorité morale de la rive nord-européenne sur le reste du pourtour méditerranéen. Un phénomène similaire est palpable dans le discours officiel israélien, reposant notamment sur le slogan suivant lequel il s’agirait de la « seule démocratie de la région » du Moyen-Orient. Une prétention discutable car Israël – comme le Liban et la Turquie – relève d’un modèle politique hybride ou « semi-démocratique ». Pour des raisons différentes, cette remarque s’applique aux pays issus de l’ex-Yougoslavie (Slovénie, Croatie, Bosnie-Herzégovine, Serbie-Monténégro) ou du bloc communiste (Albanie). En effet, malgré la démocratisation dans les Balkans, le nationalisme, le populisme et la corruption exacerbés font encore obstacle au respect de l’Etat de droit.

Conférence de l’Otan sur les frappes en Syrie

mars 11th, 2016

Le fait que Washington refuse de partager avec la Russie les coordonnées de l’EI en Syrie n’altèrera pas l’efficacité de l’opération russe, selon Moscou. Le refus des USA d’échanger des données de renseignement avec Moscou concernant la Syrie n’aura aucun impact sur l’efficacité de l’opération menée par la Russie contre les terroristes de l’Etat islamique, a fait savoir jeudi le vice-ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Riabkov. « Cela n’aura aucun impact sur l’efficacité de l’opération et les forces militaro-spatiales russes. Nous recevons des informations de nombreuses sources. Il s’agit évidemment de nos propres moyens d’observation et de reconnaissance. Le groupe des forces militaro-spatiales déployé en Syrie possède les ressources appropriées. Nous recevons ces informations de différentes sources dans d’autres pays, nous les coordonnons avec nos collègues dans le cadre du centre d’information à Bagdad », a indiqué le diplomate russe. « Je me risque à dire que de la sorte, les Etats-Unis et les pays faisant partie de leur coalition se placent politiquement dans une position assez gênante, et l’on en vient à se demander de quel côté ils combattent dans cette guerre », a souligné M. Riabkov. Le président russe Vladimir Poutine avait auparavant demandé à la coalition menée par les Etats-Unis de fournir les coordonnées des terroristes de l’Etat islamique en Syrie. L’Otan, pour sa part, a déclaré qu’elle ne partagerait pas ses données de renseignement avec Moscou tant que la Russie soutiendrait le régime du président Bachar al-Assad.

Les opportunités du libre marché

novembre 23rd, 2015

Le libre marché est la bête noire des énarques, et les intellectuels qui sont nés avec une cuiller en argent dans la bouche sont légion quand il s’agit de le décrier. A les en croire, en effet, le libre marché ruinerait les prolétaires. D’où leur hostilité instinctive pour le libre marché, tant il leur importe de protéger les gueux… Selon eux, donc, les pays en en voie de développement seraient anéantis par la tyrannie du libre marché et l’existence des plus humbles en serait encore plus difficile au quotidien. Cette idée est pour moi et depuis longtemps un contresens. Et au cours d’un meeting à Rome la semaine dernière, un participant s’est employé à disséquer point par point cette perception. Sa démonstration rejoignait parfaitement mon point de vue. Parce que dans les faits, le raisonnement tenu à l’encontre du libre marché va en fait à l’encontre de la réalité. Les habitants des pays pauvres sont en effet principalement victimes du manque de libre marché. Il suffit pour s’en convaincre de voir que les plus démunis vivent là où la possibilité de vivre comme ils l’entendent est la plus faible : ils ne sont pas libres de se déplacer librement, ni d’acheter et de vendre comme ils le souhaitent. Limiter le libre marché revient à limiter la liberté. C’est ce qui explique l’absence de libre marché dans des dictatures telles que l’ex-Allemagne de l’Est, par exemple. Un constat somme toute logique : un régime qui se défie de son peuple au point de lui refuser la possibilité d’exprimer son opinion dans les urnes ne reconnaîtra certainement pas à ce peuple le droit de réaliser ses choix sur le libre marché ! Lors de ce meeting Rome, l’intervenant est même allé plus loin dans son argumentation, en établissant que le libre marché est dans la réalité nettement propice aux populations pauvres. Grâce au libre marché, en effet, la majorité des populations défavorisées dans le monde ont pu consacrer un budget moins élevé à l’alimentation qu’il y a 20 ans. Parce que pour les pays en voie de développement ayant opté pour le libre marché (et qui ont par conséquent ouvert leurs frontières pour importer des produits), la population profite non seulement d’un plus grand choix en matière de produits, mais également à des prix bien plus accessibles ! Si le thème vous intéresse, vous retrouverez toutes les présentations des conférenciers sur le site de l’organisateur de ce séminaire en Italie.

Etat Islamique

novembre 23rd, 2015

Beaucoup de théories ont circulé sur la toile concernant tant les origines de l’Etat islamique (EI) que ses liens supposés, directs ou indirects, avec des puissances de l’OTAN, Etats-Unis et Turquie en tête. Née en 2003 en Irak et affiliée à Al-Qaïda, la nébuleuse prend le nom d’État islamique d’Irak (EII) en 2006 puis devient l’État islamique en Irak et au Levant (EIIL) en 2013, s’affranchissant la même année d’Al-Qaïda. Au cours de l’année 2013, cette nébuleuse a commencé sa forte expansion militaire en Syrie et en Irak. Sa prise de contrôle du territoire syrien s’est accélérée au cours des 18 mois derniers mois (elle contrôle maintenant près de 50% du territoire) et ce malgré le lancement d’une campagne internationale de bombardement durant l’automne 2014, qui aurait couté la vie à près de 10.000 ses membres, tandis que le groupe aurait perdu selon certaines estimations autant d’hommes face à l’armée syrienne depuis le début de sa campagne. A la prise de contrôle de larges pans du territoire syrien, notamment à l’est du pays, l’EI s’est au cours du mois de mai emparé de zones énergétiques au centre du désert syrien, notamment dans la région de Palmyre et dans le même temps de la ville de Ramadi, en Irak. La prise de ces villes a suscité beaucoup de questions quant à la motivation réelle de la coalition à freiner l’expansion de l’EI puisque des milliers de combattants de cette organisation ont pu traverser les déserts syriens et irakiens avec des colonnes de véhicules blindés à découvert, pour attaquer les forces loyalistes sans que la coalition ne les bombarde. Semant encore plus le doute, un document confidentiel de l’US Defense Intelligence Agency (DIA) rédigé en août 2012 vient d’être déclassifié, document qui a fait le tour de tous les organes gouvernementaux dont le CENTCOM, la CIA et le FBI. On peut y lire dans les dernières pages que la situation militaire devrait permettre l’établissement d’un sanctuaire (« un Etat islamique ») dans la zone allant de Ramadi en Irak jusqu’à l’est de la Syrie et les zones allant d’Assaka à Deir-Ez-Zor. Ce plan, nous dit le document, aurait le soutien des puissances étrangères hostiles au pouvoir syrien car il permettrait d’isoler le régime syrien vers la cote et ainsi, de couper toute liaison terrestre entre l’Iran et le Hezbollah. En clair: les puissances radicales qui pourraient émerger du chaos créé par les Américains en Irak devraient naturellement se déverser en Syrie pour affaiblir l’état syrien. Le laisser faire américain, des monarchies du golfe et de la Turquie, face à la montée en puissance de l’EI, est aussi une traduction de leur incapacité à contrecarrer militairement l’armée syrienne et ses soutiens au sol, tout autant que ne l’est le soutien logistique direct de la CIA à armer des factions rebelles, dont un grand nombre ont depuis 2012 rejoint l’EI ou au mieux la branche locale d’Al-Qaïda. Cela explique peut-être pourquoi certains analystes n’hésitent pas à accuser la coalition et notamment les Etats-Unis d’Amérique d’avoir (volontairement?) en permanence un coup de retard sur l’EI. Par contre en appuyant lourdement les forces kurdes dans le nord du pays, la coalition a atteint plusieurs objectifs qui, bon gré mal gré, satisfont ses principaux alliés actuels dans la région:
— L’établissement de l’EI permet l’avènement d’un Kurdistan au nord du pays tout autant que l’apparition d’un Sunnistan très intégriste, regroupant une nébuleuse allant de l’EI à Al-Qaïda, contraignant le régime à se replier vers les côtes et accentuant ainsi la dynamique de désintégration territoriale en Syrie.
- Cette désintégration territoriale et l’affaiblissement de l’autorité de l’Etat satisfont les monarchies du Golfe, Arabie Saoudite et Qatar en tête, qui sont dans une lutte totale contre l’Iran dans la région, Téhéran étant le grand soutien et allié du régime syrien et sur une logique dynamique très forte suite à l’accord sur le nucléaire que le pays vient d’arracher aux Etats occidentaux.
— Pour Israël, l’effondrement du régime syrien signifie l’affaissement du Hezbollah (jugé menace prioritaire) qui se concentre désormais sur le front syrien et devrait sortir très affaibli des années de guerre en Syrie. Pour cette raison sans doute, l’Etat hébreu apporte même un soutien médical direct aux djihadistes et parmi eux les plus radicaux (proches du front al Nosra et donc d’Al-Qaïda), soutien qui a donné lieu récemment a des émeutes de protestation de la part de minorités syriennes (Druzes…) directement menacées par l’organisation terroriste.